Macron annonce que la France « n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants

En France, venant de droite comme de gauche, les critiques n’ont pas tardé après l’annonce d’un accord conclu à Bruxelles sur le dossier migratoire, vendredi 29 juin au petit matin. Après de longues heures de négociations, les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur plusieurs mesures de principe, dont la mise en application demeure cependant floue.

Le compromis propose la création de « centres contrôlés » dans l’UE, que les Etats membres mettraient en place « sur une base volontaire », et d’où une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ». Il invite aussi à examiner la possibilité de créer des « plateformes de débarquements » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.

  • Les réactions politiques en France

« La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet », a déclaré pour sa part le président français, Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a précisé vendredi après-midi que « la France n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants car elle « n’est pas un pays de première arrivée ».

A gauche, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) ont déploré que le Conseil européen se focalise sur la sécurisation des frontières et n’affiche que des « vœux pieux » en matière d’accueil.

C’est « un accord qui, exactement comme la loi asile et immigration en France, ne résoudra rien », a réagi le député LFI Eric Coquerel sur LCI. Il y a « d’un côté des vœux pieux : sur tout ce qui est tentative de répartir les migrants, de gérerl’accueil, c’est que du volontariat. Donc autant dire que ça ne se fera pas (…)De l’autre côté par contre, il y a des mesures concrètes où on va encore plus sécuriser les frontières, être toujours plus durs envers les migrants ».

« On aura beaucoup de mal à nous expliquer qu’avec cet accord l’Europe est sauvée. Au contraire, elle se déshonore », a réagi de son côté l’élu PCF Ian Brossat dans un tweet.

A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a dit craindre« un accord de façade, destiné à faire semblant qu’on est d’accord alors qu’en réalité on ne s’est entendu sur rien [sic] ». Il a souligné le « danger fondamental » que constitue selon lui la création de centres européens pour les migrants sur le territoire européen.

La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), Marine Le Pen, a affirmé que « cet accord ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire ». « Mais il a un avantage, a-t-elle ajouté, les pays ayant maintenant le droit de dire non », Emmanuel Macron « sera exclusivement responsable de l’immigration de masse en France ».

L’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, a considéré que l’accord trouvé à Bruxelles est « l’un des pires que l’Union européenne ait jamais accouché », parce qu’il « renforce toutes les politiques existantes (…), à commencer par la répartition des migrants entre les Etats au nom de la solidarité européenne et par la libre circulation inhérente à l’espace Schengen ».

  • Les réactions des dirigeants européens

« L’Italie n’est plus seule. » Le président du conseil italien, Giuseppe Conte, s’est dit « satisfait » à l’issue des négociations vendredi matin. Pour le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, Rome a obtenu « 70 % de ce qu’elle voulait ».

La réaction de la chancelière allemande, Angela Merkel, était plus nuancée. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a-t-elle déclaré, concédant « un bon signal ».

Le chancelier autrichien, Sébastien Kurz, a, lui, considéré que l’accord permettra de « détruire le modèle économique des passeurs ». Et d’ajouter

  • Les autres réactions

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du ressort des Nations unies, a estimé que les centres de gestion des demandeurs d’asile convenus par les dirigeants des Vingt-Huit devaient être situés en Europe, et pas à l’étranger. L’organisation a évoqué une inquiétude « insurmontable » sur l’ouverture de « plates-formes de débarquement » en Libye du fait de l’insécurité qui y règne.

L’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un accord qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’Union européenne.

 


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